Application web pour écrire et présenter les mathématiques sur ordinateur ou sur tablette.
Application web pour écrire et présenter les mathématiques sur ordinateur ou sur tablette.
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L’ordinateur et la tablette sont préconisés pour de nombreux élèves en situation de handicap ou en difficulté d’apprentissage. Qu’ils servent à compenser l’écriture manuelle ou à accéder à des logiciels spécifiques, ces outils numériques montrent leurs limites dès qu’il s’agit de mathématiques. Poser une multiplication, écrire une fraction, tracer un segment ou placer un angle exigent une mise en page précise que les traitements de texte gèrent mal. Beaucoup d’élèves se retrouvent alors à jongler entre plusieurs supports — ordinateur pour la rédaction, cahier pour les opérations, feuille à part pour la géométrie, multiplication des logiciels — ou renoncent simplement à travailler les mathématiques sur leur ordinateur.
Dysmaths a été conçu pour répondre à cette difficulté. Il s’agit d’une application web gratuite qui permet aux élèves ayant des besoins particuliers de rédiger leurs mathématiques sur ordinateur ou tablette dans un format proche d’une feuille de cahier. L’outil a été développé par Guillaume Champeau, un parent d’élève directement concerné par la question. Le projet est récent — la première version publique a été publiée en mars 2026 — et reste en développement actif, avec un code source ouvert.
| Référence | Dysmaths |
|---|---|
| Auteur / Développeur | Guillaume Champeau – champeau.info |
| Site | Dysmaths |
| Prix / Licence | Gratuit (licence AGPL-3.0) |
Dysmaths est une application web accessible depuis n’importe quel navigateur récent, ce qui la rend compatible avec Windows, macOS et ChromeOS. Elle fonctionne techniquement sur iOS et Android, mais son ergonomie a été pensée pour une utilisation au clavier et à la souris ou au pavé tactile : l’usage sur tablette reste donc secondaire.
L’application est proposée sous forme de PWA (Progressive Web App) installable. Une fois installée et ouverte, ou simplement chargée dans l’onglet du navigateur, Dysmaths continue de fonctionner sans connexion internet. En revanche, dès que la page ou l’application est fermée puis rouverte sans connexion, elle ne se relance pas. C’est le fonctionnement classique d’une PWA, mais ce comportement constitue un point de vigilance en milieu scolaire, notamment pour les établissements non connectés et pour les situations d’évaluation. Le concepteur annonce travailler sur une version exécutable, qui permettrait un usage hors ligne plus robuste.
L’élève choisit son fond de page parmi cinq options : lignes Seyes, grands carreaux, petits carreaux, feuille lignée ou feuille blanche. Il est également possible d’importer une image (PNG) ou une page PDF en fond de page, en cliquant sur « Importer… ». Cette fonction est particulièrement utile pour travailler directement sur un énoncé scanné. À noter toutefois que le document PDF ou l’image ne sont pas repositionnables une fois placés.

Le document peut compter plusieurs pages, et un même document peut combiner différents fonds de page. Les paramètres permettent de créer un profil élève (nom, prénom, classe, date) pour identifier chaque production, et l’élève peut choisir entre une police par défaut ou la police « OpenDyslexic ».

La section « outils » réunit le choix de couleur du crayon, un outil de sélection, une fonction de suppression activée lorsqu’un élément est sélectionné, un mode dessin libre avec reconnaissance et régularisation des formes géométriques, un stabilo et un outil texte avec mise en forme.
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À l’usage, la fonction « Texte » manque de praticité. Le retour à la ligne exige la combinaison Maj + Entrée, le texte ne s’aligne pas automatiquement sur le lignage et apparaît légèrement surélevé lorsque l’aide au placement est activée. Certains raccourcis intégrés peuvent par ailleurs gêner l’écriture : lorsqu’une lettre est tapée rapidement en double, elle se transforme automatiquement en une seule lettre avec ligature.

L’ajout d’une fonctionnalité « Tableaux », avec choix du nombre de colonnes et de lignes, dans la section des outils généraux, compléterait utilement le dispositif.
Dysmaths propose un catalogue de symboles classés par rubriques : opérations posées (addition, multiplication, fractions, exposants…), symboles courants (√, =, ≠, %, π, °…) et outils de niveau lycée (Σ, ∫). La pose d’opérations fonctionne correctement pour les additions et soustractions, dans un rendu comparable à une opération posée sur cahier. Les fractions s’insèrent en un clic, et l’outil propose également une droite graduée.

Bien que fonctionnelle, la pose d’opération manque de lisibilité : les chiffres se déportent vers la gauche, ce qui fausse l’alignement. L’ajout d’une virgule dans une division posée n’est pas possible à ce jour, ce qui empêche la pose des divisions décimales. Les multiplications à plus d’un chiffre au multiplicateur ne peuvent pas non plus être posées. Ces deux opérations sont pourtant incontournables dès le cycle 3.

La pose d’une fraction se fait en un clic, mais l’enchaînement d’une seconde fraction oblige à cliquer à côté puis à rouvrir l’outil : la fluidité n’est donc pas optimale. Par ailleurs, malgré la fonction « aligner » qui s’active lorsqu’on sélectionne toute une ligne, la disposition reste à améliorer.

La boîte à outils géométrique permet le placement et le nommage d’un point, le tracé de segments, de droites, de demi-droites et de cercles (par rayon ou par diamètre), la mesure d’une distance, ainsi que la mesure d’angles à l’aide d’un rapporteur intégré.

Pour évaluer ces fonctionnalités, nous avons importé en PDF une fiche d’exercice destinée à un élève de CM1. Sur le premier exercice, la mesure des angles s’effectue avec l’outil dédié ; elle exige une précision importante lors du placement. Une fois l’angle calculé, sa valeur disparaît si l’on souhaite mesurer un autre angle. Il n’existe pas non plus de fonction de remplissage de couleur, et la palette disponible ne permet pas toujours de répondre précisément aux consignes. De la même manière, l’outil « mesure » ne permet pas de conserver simultanément la valeur affichée pour plusieurs segments. Enfin, il manquerait un outil « équerre » si l’objectif de cette boîte à outils est de laisser à l’élève la possibilité d’utiliser des outils « comme les copains » non informatisés.

Il est possible de tracer une figure de géométrie avec une précision satisfaisante, en suivant la consigne (utilisation des fonctions segment, point et cercle). Cet exercice demande toutefois une grande précision motrice. Le nommage automatique d’un point lors du tracé d’un segment ne fonctionne pas : il faut repasser avec la fonction « point » pour ajouter le nom. De plus, un point ne s’accroche pas à une intersection, contrairement au comportement observé dans GéoGebra.

Le document s’enregistre automatiquement et peut être rouvert et modifié dans l’application. Il n’est en revanche pas possible de travailler sur plusieurs documents en même temps : l’ouverture d’un nouveau document écrase la version précédente, sans possibilité de la retrouver. L’export se fait au format PDF ou PNG, ce qui permet à l’élève d’enregistrer son travail dans ses dossiers, de l’imprimer, ou de le transmettre via l’ENT ou par messagerie. Une fois exporté, le document ne peut plus être modifié dans l’application.
L’interface est disponible en français, en anglais et en espagnol.
L’interaction principale avec Dysmaths repose sur le glisser-déposer : on sélectionne un outil ou un symbole, on le pose sur la feuille, puis on le déplace à la souris. Il n’est pas possible de déplacer un élément à l’aide des flèches du clavier : tous les ajustements passent par la souris ou le pavé tactile, ce qui suppose une précision motrice qui fait précisément défaut à de nombreux élèves informatisés. Ce point nous semble important à faire évoluer.
Par ailleurs, les éléments déjà placés sur la feuille se déplacent trop facilement : un clic imprécis suffit à décaler une figure. Une option de verrouillage d’élément, ou une distance minimale avant déclenchement du déplacement, constituerait une amélioration appréciable.
Il nous paraît important de rappeler que Dysmaths est un outil jeune, en développement actif. L’intérêt de la démarche est réel et plusieurs fonctions déjà disponibles sont bien pensées. Les limites signalées dans cette fiche correspondent, pour beaucoup, à des points d’amélioration que le concepteur pourra faire évoluer au fil des versions.
Pour accompagner les élèves informatisés en mathématiques, plusieurs outils coexistent et répondent à des besoins différents. Dysmaths ne vient en remplacer aucun : il s’inscrit dans une complémentarité.
Ce sont les plus proches de Dysmaths dans leur ambition : proposer à l’élève un environnement unique pour l’ensemble de son travail en mathématiques.
Cantoo Scribe est un cartable numérique global qui couvre l’ensemble des matières dans une seule interface : traitement de texte adapté, synthèse vocale, dictée, affichage de PDF, pose d’opérations, tracés géométriques, étude des fonctions, tableaux de proportionnalité, etc. Il fait partie des rares outils à intégrer dans une même application l’écriture, le calcul et la géométrie, sans passer par un logiciel externe.
Il existe en trois formules : une version « Découverte » gratuite, un abonnement annuel (Premium, avec toutes les fonctionnalités et les mises à jour en continu) et une licence perpétuelle (achat définitif, utilisable hors ligne sur PC ou Mac, avec les mises à jour incluses pendant un an). Son interface, très spécifique, demande un temps d’appropriation. Adapté au primaire et au collège, il peut montrer ses limites au lycée : l’environnement simplifié finit par éloigner l’élève des outils qu’il rencontrera plus tard.
Studys est un add-in gratuit pour Microsoft Word, décliné en versions primaire, collège, lycée et adaptateur. Il propose des gabarits d’opérations avec code couleur, des axes et lignes gradués, des tableaux de conversion, des tables de multiplication, une calculatrice, l’insertion rapide de symboles, un accès facilité à l’éditeur d’équation de Word et des outils dédiés aux sciences. En géométrie, Studys ne propose pas d’outils de tracé intégrés : le ruban inclut un bouton qui lance GéoGebra en externe.
Le plug-in du Cartable Fantastique pour LibreOffice suit une logique équivalente en environnement libre, avec un panel d’outils pour la saisie, la mise en page et le calcul. Comme Studys, il ne propose pas de géométrie intégrée.
Equatio est un éditeur d’équations optimisé pour Word et Google Docs. Il permet la saisie manuscrite, la dictée vocale de formules et la génération de graphiques. Il est payant.
GéoGebra est la référence internationale en géométrie dynamique et en étude des fonctions. Multiplateforme et gratuit, il permet de manipuler des figures dynamiques, des courbes et des constructions paramétriques. Son ergonomie peut toutefois se révéler complexe, en particulier avant le lycée.
MathGraph32, logiciel libre, propose de la géométrie dynamique et de l’analyse (fonctions, dérivées, intégrales). Il intègre en particulier un « mode dys » paramétrable, avec des barres d’icônes élargies et une ergonomie ajustée.
Sketchometry, récemment documenté par le TechLab, propose de la géométrie dynamique avec une logique de reconnaissance gestuelle : l’élève trace à main levée la forme qu’il souhaite obtenir (cercle, segment, triangle) et le logiciel reconnaît et régularise le tracé. Cette approche présente l’intérêt d’alléger la précision demandée à la souris.
Géomaître est un logiciel libre de géométrie virtuelle centré sur l’école élémentaire et les élèves dyspraxiques. Son catalogue d’outils, volontairement restreint, est adapté à un premier usage de la géométrie numérique.
OpenBoard est un logiciel libre initialement conçu comme tableau blanc interactif pour l’enseignant, mais qui peut également servir de cahier numérique à l’élève informatisé. Il intègre des instruments virtuels (règle, équerre, rapporteur, compas) et s’inscrit dans une logique de page blanche à annoter plus que de construction dynamique.
Dysmaths ne prétend concurrencer aucun de ces outils sur leur terrain. Il occupe un créneau qu’ils laissent en partie vacant : l’écriture mathématique du quotidien, dans un format de cahier, gratuit, destiné à un élève qui souhaite simplement poser ses opérations et tracer ses figures proprement, sans basculer dans un logiciel de géométrie dynamique ni bricoler dans un traitement de texte.
Dysmaths est un projet récent et gratuit qui répond à un besoin jusqu’ici mal couvert par les outils existants : permettre à un élève informatisé de produire ses mathématiques dans un format proche du cahier, sans bricolage et sans démultiplication des supports. La démarche est cohérente et plusieurs fonctions sont déjà bien pensées.
Dans sa version actuelle, plusieurs limites restent à retravailler : imprécision de l’interaction au pointeur, absence de déplacement au clavier, fonction texte perfectible, pose des multiplications à plusieurs chiffres et des divisions décimales non disponible, absence d’accroche aux intersections en géométrie. Ces points réservent l’outil, pour l’instant, à des situations où ces limites ne sont pas bloquantes, et à des élèves pour qui la précision du pointage n’est pas un obstacle majeur.
Dysmaths reste néanmoins utilisable dès aujourd’hui, en complément d’autres solutions selon les besoins de l’élève : associé à un traitement de texte adapté pour les passages rédigés, ou utilisé ponctuellement pour produire une trace de calcul ou une figure simple à intégrer dans un document. Nous suivrons ses évolutions avec intérêt et invitons les professionnels qui le testent à nous transmettre leurs retours, afin d’enrichir cette fiche au fil des versions.
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| Autrice | Lucie Wanhem |
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