Logiciel pour piloter la souris avec les mouvements de tête et les expressions du visage
Logiciel pour piloter la souris avec les mouvements de tête et les expressions du visage
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HeadControl est un logiciel gratuit qui convertit les mouvements de la tête, captés par une simple webcam, en déplacements du curseur à l’écran sur un ordinateur Windows.
Le clic n’est déclenché ni par un doigt ni par un bouton, mais par une expression du visage : le sourire, le sourcil levé ou la bouche en cœur, au choix de l’utilisateur.
Conçu pour les personnes qui ne peuvent plus mobiliser leurs membres supérieurs de façon suffisante pour utiliser une souris ou un clavier — à la suite, par exemple, d’une maladie évolutive —, il ne requiert aucun matériel supplémentaire : la webcam déjà intégrée à la plupart des ordinateurs portables suffit.
| Référence | HeadControl — version 1.1.0 |
|---|---|
| Éditeur | Laura Thouzeau (conception), développement logiciel réalisé avec l’agence HexoTech |
| Distributeur | Téléchargement direct depuis le site officiel https://www.head-control.com/ |
| Prix | Gratuit (0 €), projet financé par les dons des utilisateurs |
HeadControl fonctionne exclusivement sous Windows 10 64 bits (version 1903 ou ultérieure) et Windows 11 ; aucune version pour macOS ou Linux n’est disponible à ce jour, une extension à d’autres systèmes étant seulement envisagée selon les retours de la communauté d’utilisateurs.
La configuration minimale annoncée comprend un processeur Intel i5 de 7ᵉ génération ou AMD Ryzen 5 (4 cœurs), 4 Go de mémoire vive, une webcam 720p à 30 images par seconde, et 600 Mo d’espace disque disponible.
Une configuration dite optimale — processeur i7 ou Ryzen 7 à 6 cœurs cadencés à 3,5 GHz ou plus, 8 Go de mémoire vive, webcam 1080p à 60 images par seconde avec mise au point automatique, et un éclairage frontal uniforme — est recommandée pour un suivi plus stable.
Aucune carte graphique dédiée n’est requise.
L’installation s’effectue via un exécutable d’environ 600 Mo, annoncé en moins de cinq minutes. Le logiciel n’étant pas encore reconnu comme éditeur par Microsoft, Windows et certains antivirus affichent un avertissement de sécurité lors du lancement du fichier : l’éditeur invite explicitement l’utilisateur à cliquer sur « Informations complémentaires » puis « Exécuter quand même » pour poursuivre.
La première utilisation démarre par un assistant de calibrage — mouvements de la tête, atteinte de cibles à l’écran, enregistrement des expressions faciales — suivi, si nécessaire, d’un réglage fin depuis le menu des paramètres. Aucun tutoriel écrit ou vidéo n’était disponible au moment de la rédaction de cette fiche, l’assistance aux utilisateurs passe principalement par une communauté ouverte sur Reddit, l’adresse électronique de contact étant réservée aux demandes à caractère privé.

La fenêtre principale du logiciel présente une barre d’actions restreinte :
Enfin, un interrupteur Caméra active ou désactive l’aperçu vidéo en temps réel, ce qui permet de libérer des ressources graphiques lorsqu’il n’est pas nécessaire.

Le panneau de paramètres « Suivi tête » distingue six réglages :
Un raccourci clavier (F8) permet de basculer rapidement l’activation du suivi de tête sans ouvrir les paramètres. Une option distincte permet de figer le curseur en ouvrant légèrement la bouche, ce qui facilite le clic sur de petites cibles à l’écran.

Deux réglages vidéo complètent l’ensemble : un effet miroir horizontal et un effet miroir vertical, destinés à corriger l’orientation de l’image selon le comportement propre à chaque webcam.

Le panneau « Général » regroupe par ailleurs le choix de la langue de l’interface (français ou anglais), une option de démarrage minimisé dans la zone de notification, la génération d’un rapport de diagnostic à transmettre au support en cas de problème récurrent, la possibilité de relancer l’assistant de configuration pour refaire la calibration initiale, la restauration du dernier calibrage enregistré, et une réinitialisation d’usine qui efface les réglages personnalisés.
Une option de lancement automatique au démarrage de Windows figure également dans ce panneau.
Le mini-menu flottant se présente, au repos, comme une simple pastille circulaire toujours visible à l’écran ; il s’ouvre au survol ou au clic.

Une fois déployé, il affiche un bouton central qui repositionne le menu en bas à droite de l’écran, entouré de quatre commandes :
Des flèches permettent en complément de déplacer le menu vers l’un des bords de l’écran (haut, bas, gauche, droite), pour l’écarter d’une zone de travail.
Un cercle d’état, dont la couleur change en continu, renseigne sur le fonctionnement du logiciel : cyan lorsque tout fonctionne normalement, violet lorsque le suivi de tête est désactivé, jaune lorsque les expressions sont désactivées, et orange lorsque le visage n’est plus détecté par la caméra — un repère visuel simple, utile en particulier pour un accompagnant qui surveille la séance à distance.
Un test du logiciel en conditions réelles, mené pour la rédaction de cette fiche, a mis en évidence plusieurs difficultés, notamment avec l’assistant de calibrage. L’exercice de désignation de cibles à l’écran, puis la phase de contrôle qui demande de faire éclater des étoiles dans un temps imparti, exigent un niveau de réactivité et de coordination assez élevé ; ce format chronométré, inutilement stressant, paraît mal adapté aux capacités d’une partie des utilisateurs potentiels, notamment en cas de fatigabilité ou de troubles cognitifs associés.
La calibration des expressions faciales s’est également révélée délicate : la détection du haussement de sourcils a échoué à plusieurs reprises lors de ce test, y compris chez un utilisateur ne présentant aucune limitation de la mobilité du visage, ce qui interroge sur la fiabilité de cette fonction en l’état.
Les raccourcis clavier annoncés pendant l’assistant (Échap, Espace) ne se sont par ailleurs pas montrés fonctionnels lors de ce test. De même, sur certaines boîtes de dialogue, le bouton Annuler n’est pas toujours fonctionnel !
Une fois la calibration achevée, les réglages proposés se sont avérés assez décevants : le lissage est trop élevé et entraîne une forte inertie du curseur. Cela peut rapidement se corriger en ajustant manuellement les paramètres de réactivité et de lissage depuis le menu dédié.

HeadControl présente plusieurs atouts : la gratuité totale, une installation légère et rapide, un menu flottant dont l’indicateur d’état coloré permet de comprendre ce qu’il se passe, un développement français assorti de la volonté de constituer une communauté d’utilisateurs active. On peut également mentionner un paramétrage qui distingue utilement la sensibilité horizontale de la sensibilité verticale ainsi qu’une option pour figer le curseur par une légère ouverture de bouche, utile pour améliorer la précision.
La possibilité de relancer l’assistant de configuration ou de restaurer un calibrage précédent sans réinstallation constitue également des points positifs.
Ses limites tiennent d’abord à sa jeunesse : l’assistant de calibrage, dans sa forme actuelle, exige un niveau cognitif et un temps de réaction qui ne conviennent pas à tous les profils d’utilisateurs, et la reconnaissance des expressions faciales s’est montrée peu fiable à la calibration lors des tests menés. Comme toute solution reposant sur une webcam grand public plutôt que sur un capteur infrarouge ou gyroscopique dédié, sa précision reste sensible aux variations de luminosité ambiante et les réglages par défaut à l’issue de la calibration se sont révélés perfectibles, quoique aisément corrigibles manuellement.
Plusieurs solutions logicielles gratuites répondent à un besoin proche.
Eviacam, développé par CREA Software Systems, propose un suivi de tête multiplateforme (Windows, Linux, macOS) plus ancien et éprouvé, mais sans reconnaissance des expressions faciales : le clic y est déclenché par une temporisation de l’immobilité du curseur plutôt que par un geste.
Gameface, projet open source de Google, offre des fonctionnalités très similaires à HeadControl. Son installation est plus complexe, et son fonctionnement est parfois aléatoire, mais c’est une solution logicielle gratuite à ne pas oublier.
Accessibility Controller, logiciel français gratuit et libre déjà documenté sur le site du TechLab, va plus loin en réunissant dans une même application le suivi de tête, la reconnaissance de vingt-cinq gestes faciaux, un module de suivi oculaire basique, la commande vocale et l’émulation de manette ; il constitue l’alternative la plus riche fonctionnellement dans la même gamme de prix.
PlayAbility Adaptive Software, enfin, gratuit avec une offre payante optionnelle (« pack supporter »), est orienté en priorité vers l’accessibilité du jeu vidéo via une manette virtuelle, mais peut être détourné pour un usage bureautique quotidien.
Au-delà des logiciels reposant sur une simple webcam, plusieurs dispositifs matériels dédiés au contrôle de la souris par la tête constituent, pour les professionnels du secteur, la référence en matière de fiabilité de pointage.
Le HeadMouse Nano, d’Origin Instruments (États-Unis), fait figure de référence historique : une pastille réfléchissante portée sur le front ou une monture de lunettes est suivie par un émetteur infrarouge relié en USB, sans pilote ni webcam, pour un fonctionnement identique sur Windows, macOS, Linux, Android et iOS ; son tarif se situait, par le passé, autour de 995 $ en version de base [à vérifier, prix non confirmé à la date de rédaction].
Le TrackerPro 2 d’AbleNet repose sur le même principe infrarouge réfléchi, dans un boîtier compact équipé de deux prises pour contacteurs externes, pour un tarif de l’ordre de 899 € [à vérifier].
GlassOuse, décliné en plusieurs versions (V1.2 à Pro), se porte comme une paire de lunettes et se connecte en Bluetooth grâce à un gyroscope embarqué, à un positionnement tarifaire présenté par le fabricant comme compétitif face à ses concurrents.
Enfin, le Quha Zono, conçu par la société finlandaise Quha et décliné en plusieurs formats (Zono, Zono 2, Zono X), fonctionne selon un principe voisin : une petite souris gyroscopique sans fil, fixée à la tête ou à un autre segment moteur mobile, transmet ses déplacements par Bluetooth ou radiofréquence.
Ces dispositifs partagent une fiabilité et une stabilité généralement supérieures à celles d’un suivi par webcam standard, au prix d’un investissement de plusieurs centaines d’euros, là où HeadControl reste entièrement gratuit.
HeadControl est une solution française récente qui reprend les principes déjà établis du contrôle de la souris par mouvements de tête, en y ajoutant une reconnaissance d’expressions faciales et un souci de personnalisation qui la rendent d’emblée comparable aux meilleures alternatives gratuites du marché.
Nos principales réserves sont essentiellement dues à sa relative jeunesse : support encore informel via une communauté en ligne, un assistant de calibrage qui, tel que testé pour cette fiche, demande un effort cognitif et une rapidité d’exécution mal adaptés à une partie du public visé, plusieurs éléments de l’interface non fonctionnels ; ces points méritent d’être clarifiés ou corrigés avant toute préconisation en contexte professionnel.
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 4.0 International
| Auteur | Sébastien Vermandel |
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