Logiciel d’aide à la lecture et l’écriture
Logiciel d’aide à la lecture et l’écriture
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Écrire sans faute demande beaucoup d’énergie aux personnes dyslexiques, dysorthographiques ou qui rencontrent des difficultés avec l’écrit. WordQ est un logiciel qui les accompagne tout au long de la rédaction. Dès les premières lettres d’un mot, une fenêtre de prédiction propose des mots possibles, que le logiciel peut lire à voix haute pour faciliter le choix. Pour ses propositions, il tient compte des lettres tapées, du début de la phrase et des mots que la personne utilise le plus souvent. Même si le mot est mal orthographié, le logiciel tente de deviner ce que la personne voulait écrire.
WordQ lit aussi le texte déjà écrit, avec un suivi par surlignage. Entendre son texte aide à repérer un mot manquant ou une ponctuation oubliée. Le logiciel peut également lire des documents PDF et des pages web, et permet de compléter des formulaires PDF avec les mêmes aides. Il se présente sous la forme d’une fenêtre flottante au-dessus de la plupart des logiciels d’écriture (traitement de texte, messagerie, navigateur) sur ordinateur Windows ou Mac. Son but n’est pas d’écrire à la place de la personne, mais de réduire l’effort consacré à l’orthographe pour qu’elle puisse se concentrer sur ses idées. L’éditeur est canadien et le logiciel existe en français.
| Référence | WordQ 6 |
|---|---|
| Fabricant | Quillsoft (Canada), quillsoft.ca |
| Distributeur | Nureka, anciennement Math et Mots Monde, nureka.co/eu-fr |
| Prix | Licence annuelle : WordQ Standard à 119 €, WordQ Pro 149 €, WordQ pour Chrome 119 €. Essai gratuit de 30 jours. Licences gratuites pour les professionnels via le programme « Club des Pros ». |
WordQ s’installe comme un logiciel classique après téléchargement depuis le site du distributeur, avec un essai gratuit de 30 jours.
Sur Mac, la version 6 est disponible : Le distributeur conseille d’utiliser Safari et d’activer les fonctions d’accessibilité dans Préférences Système > Accessibilité.
Sur Chromebook ou dans le navigateur Chrome, la version WordQ pour Chrome (119 €)fonctionne comme un traitement de texte en ligne, relié à un compte Google. Pour utiliser WordQ dans Google Docs, Slides ou Forms, il faut activer les options d’accessibilité du menu Outils > Accessibilité de Google Docs, faute de quoi la prédiction ne fonctionne pas.
Sur tablette, une application iPad existe sous le nom iWordQ, dont une version en français européen est proposée dans l’App Store à 22,99 €.
Sous Windows 10 ou 11, WordQ s’utilise avec Word, les navigateurs, les messageries et les autres logiciels de rédaction.
Avec LibreOffice, la version 5 fonctionnait avec des limites (la fenêtre de prédiction ne suivait pas le curseur et le surlignage mot à mot était absent). La version 6 n’apporte pas d’amélioration sur ce sujet.
Au premier lancement, il faut créer un profil utilisateur : langue, niveau de vocabulaire (Standard ou Pro), voix de synthèse et prédiction phonologique. Plusieurs langues sont proposées (français, anglais, espagnol et allemand), WordQ gère plusieurs profils d’utilisateur, avec langue, vocabulaire et voix propres. Les modifications sont sauvegardées automatiquement à la fermeture, avec une copie de secours hebdomadaire par défaut.
Un mode examen désactive les fonctions qu’un enseignant ou un surveillant pourrait juger inéquitables (options, abréviations, synonymes, thèmes, prédiction des mots suivants, notamment), pour une durée de 1 à 12 heures. Il ne peut pas être levé avant la fin du délai, et il faut donc charger le vocabulaire personnel et régler la voix avant de le lancer.
Le logiciel fonctionne hors connexion. Internet n’est nécessaire que pour la reconnaissance vocale en ligne (Voice Typing), les définitions et recherches de thèmes, et les mises à jour.
Un programme de partenariat gratuit, le « Club des Pros », propose des licences aux professionnels (orthophonistes, ergothérapeutes, enseignants, éducateurs spécialisés).
WordQ est une barre d’outils flottante qui se place au premier plan, au-dessus des logiciels que l’élève utilise déjà (traitement de texte, navigateur, PDF, courriel, présentation). Elle regroupe les commandes principales : options, listes de thèmes d’écriture, sujets dynamiques, microphone, liste de mots, retour vocal et lecture. Chaque commande est associée à une touche de fonction (de F6 à F11), et les étiquettes de boutons peuvent être affichées, ce que l’éditeur recommande pour une utilisation complète au clavier.

Deux fonctions structurent l’ensemble : la prédiction de mots et la synthèse vocale. L’ensemble reste volontairement sobre : une seule fenêtre de prédiction, sans correcteur intégré ni pictogramme, afin de ne pas surcharger l’utilisateur de fonctions qui relèvent d’une étape ultérieure. L’interface graphique a peu évolué depuis les versions antérieures, les utilisateurs courants ne seront donc pas perdus.
Pendant la saisie, une fenêtre de prédiction suit le curseur ou reste à un emplacement fixe, selon le réglage. Elle affiche de 1 à 9 mots (5 par défaut), en liste verticale ou horizontale, classés par probabilité ou par ordre alphabétique. On choisit un mot en tapant son numéro, en cliquant dessus ou en parcourant la liste avec la flèche du bas. La touche Échap efface le dernier mot inséré en cas d’erreur de sélection. La police, le style et la taille de la fenêtre sont réglables. L’utilisateur n’est jamais obligé d’utiliser les propositions : s’il sait écrire le mot, il le tape.


Les propositions reposent sur trois critères. Le premier est constitué des lettres tapées. Le deuxième est le contexte de la phrase : le logiciel prend en compte les quelques mots qui précèdent. Le troisième est le profil de l’utilisateur : plus on l’utilise, plus les mots fréquemment écrits sont proposés en priorité. Le logiciel retrouve aussi certains mots saisis sans accents.
Quand aucun mot du dictionnaire ne commence par les lettres tapées, il propose des mots proches, qui tiennent compte des fautes d’orthographe et des lettres oubliées. Cette fonction appelée « orthographe créative » par l’éditeur s’active dans Option > Prédiction > Prédiction .
La prédiction s’applique également lorsqu’on sélectionne un mot déjà écrit : la liste de prédiction sert alors de correcteur. En cliquant n’importe où dans un texte, on obtient des propositions adaptées au contexte à cet endroit. Les mots suivants probables peuvent aussi être suggérés après chaque sélection.
Certains mots proposés portent un petit symbole (flèche) indiquant qu’une phrase d’exemple est disponible, ce qui aide à distinguer les homonymes ou les mots proches à l’oreille. L’utilisateur ou son accompagnant peut ajouter ses propres exemples et synonymes.
Le dictionnaire de base compte 80 000 mots pour la version Standard, plutôt destinée au primaire et au secondaire, et 110 000 mots pour la version Pro, plutôt destinée à l’enseignement supérieur et au milieu professionnel. Le vocabulaire personnel s’enrichit des mots correctement écrits par l’utilisateur.
Les mots mal orthographiés ou inconnus sont mis de côté dans une liste que l’accompagnant ou l’utilisateur peut relire, corriger puis intégrer au vocabulaire (Menu Options > Mes mots > Orthographe).
La prédiction phonologique est fondée sur le son des mots. Elle a été introduite lors d’une mise à jour de WordQ6 en juillet 2026, et elle est à activer dans les options. Elle répond à une limite connue de la prédiction classique : lorsque le début d’un mot est trop éloigné de son orthographe réelle, les propositions n’ont plus aucun rapport avec le mot visé, et l’élève ne peut que s’interroger sur sa propre écriture.
La fonction s’enclenche à partir de trois lettres saisies. Les mots habituellement proposés restent en noir, tandis que ceux issus de la prédiction phonologique s’affichent en vert, dans la même fenêtre. Le changement de couleur sert aussi de signal pédagogique. En effet, ill indique à l’élève que son mot était mal écrit et que le logiciel l’a retrouvé à l’oreille. Cette fonction peut être utilisée comme un outil de rééducation de l’orthographe.

Le retour vocal peut énoncer les lettres tapées, les mots validés par un espace et les phrases terminées par un point, selon les réglages. On peut aussi sélectionner un passage et demander sa lecture, y compris dans une page web ou un autre logiciel. La voix est choisie parmi celles installées sur l’ordinateur, avec réglage du volume et de la vitesse. La phrase est lue avec un surlignage mot à mot. L’utilisation des flèches permet de passer mot à mot ou d’une phrase à l’autre. Les menus, boutons et boîtes de dialogue peuvent également être lus à voix haute, sur option. Une liste de prononciations personnalisées corrige les mots ou les prénoms mal lus par la synthèse.
Une fonction nommée sujets dynamiques (ThoughtQ) génère automatiquement une liste à partir d’un mot-clé.
Par exemple, si je tape clé de voûte dans l’onglet “Sujets dynamiques” , WordQ créera une liste de mots associés :

Il est possible d’ajuster le nombre de mots proposés et le niveau de vocabulaire (en fonction de la taille du “mortier”, fameux chapeau universitaire) :

Un fois la liste créée, les mots apparaitront en violet dans les propositions de prédiction. L’utilisateur peut obtenir la définition (icône cahier), lancer une recherche web (icône monde), copier ou exporter le mot. Ces actions nécessitent une connexion internet.

La liste peut ensuite être copiée dans un thème personnel. Les listes de mots peuvent aussi être importées depuis un fichier texte ou depuis le presse-papiers, par exemple à partir d’une leçon copiée.
Une séquence de lettres peut être associée à un mot ou à une phrase entière, qui s’affiche quand on tape la séquence suivie d’un espace. Par exemple, une abréviation peut produire l’adresse de l’utilisateur ou une formule de politesse. Illimitées, les abréviations peuvent être exportées pour être partagées avec un autre utilisateur. Pour l’activer, il faut cocher « Abréviations » dans le menu Options. Pour ajouter une abréviation : menu Options > Mes mots > Abréviations.

WordQ intègre une application de lecture et d’annotation de PDF, ouverte depuis le menu Options. Elle sert à lire un document avec la voix de synthèse, à remplir les champs de formulaire, à ajouter des zones de texte et des notes autocollantes, et à annoter (surlignage, soulignement, etc.). Les PDF issus d’un scan doivent d’abord passer par une reconnaissance de caractères (OCR). Les documents trouvés sur le web doivent être enregistrés localement pour pouvoir être annotés.
Dans les versions précédentes, la dictée passait par un module intégré nommé SpeakQ, avec une phase d’apprentissage de la voix. La version 6 ne propose plus ce module : elle s’appuie sur les outils de dictée de Microsoft. L’utilisateur peut alterner à volonté saisie au clavier, prédiction de mots et dictée. Il peut ensuite relire et corriger avec la relecture guidée.
Pour la dictée vocale sur Windows, deux options existent. La première, Voice Typing, est en ligne et fonctionne sous Windows 10 ou 11 (version 22H2 au minimum). Elle nécessite un microphone et une bonne connexion. Au premier clic sur le bouton micro de WordQ, le logiciel demande de choisir la méthode : on sélectionne Voice Typing. La dictée s’active ensuite avec le bouton micro ou avec les touches Windows + H. Elle s’arrête dès qu’on tape au clavier. Pour dicter dans une autre langue, il faut installer la langue souhaitée dans Paramètres > Heure et langue > Langue et région.
La seconde, Voice Access, fonctionne hors ligne et est réservée à Windows 11 (22H2 au minimum). On l’active dans Paramètres > Accessibilité > Parole, puis on choisit Options > Reconnaissance vocale > Voice Access dans WordQ. Les deux ne peuvent pas être actives en même temps, et Voice Access doit être désactivé pour utiliser Voice Typing.
WordQ s’adresse d’abord aux élèves dyslexiques ou dysorthographiques, du cycle élémentaire à l’université, selon le niveau de vocabulaire choisi. Un collégien qui rédige un compte rendu sur traitement de texte écrit « exepsionel ». La prédiction lui propose « exceptionnel ». Tandis que la voix de synthèse lui permet de vérifier que le mot correspond bien à ce qu’il voulait dire.
À l’université, un étudiant dyslexique rédige ses dissertations avec le vocabulaire Pro. Les listes de mots par thème l’aident à retrouver le vocabulaire de spécialité, parfois complexe à l’écrit, à partir des termes du cours copiés dans le presse-papiers.
L’orthophoniste ou l’enseignant peut consulter la liste des mots mal orthographiés pour construire des séances ciblées.
Pendant les évaluations, le mode examen permet de proposer une aide limitée, à condition que l’établissement l’accepte. Le logiciel permet d’écrire avec moins de fautes, pas sans faute, et la révision reste à la charge de l’élève.
Un salarié présentant une dysorthographie, ou une fatigue cognitive qui augmente le nombre de fautes en fin de journée, rédige ses courriels et comptes rendus avec WordQ. Les abréviations accélèrent les formules récurrentes (signature, coordonnées, expressions métier). La relecture vocale permet de contrôler un message avant envoi, ce qui limite l’appréhension de la faute. Le programme de licences gratuites pour les professionnels peut faciliter un essai chez l’employeur ou lors d’un aménagement de poste.
D’autres profils pourraient être concernés. Cependant, nous ne les avons pas testé dans le cadre de cette fiche : personnes avec un trouble de l’attention (la relecture guidée structure la révision), apprenants du français langue étrangère, etc.
WordQ 6 est un logiciel stable et cohérent. Son approche reste la même depuis ses premières versions : l’élève lit, écoute et choisit lui-même les mots, plutôt que de laisser le logiciel corriger à sa place. C’est une vraie qualité pédagogique. En effet, elle favorise la mémorisation de l’orthographe et du vocabulaire. Son fonctionnement essentiellement hors ligne, sa simplicité de prise en main (une seule fenêtre de prédiction, une barre d’outils posée sur les logiciels habituels), la lecture de PDF avec saisie assistée, le mode examen et la liste des mots mal orthographiés, utile aux rééducateurs, en font un outil complet pour le milieu scolaire et professionnel. L’arrivée de la prédiction phonologique répond à l’une de ses principales limites : l’absence de propositions pertinentes quand le début du mot est trop fautif. Elle s’intègre dans la même fenêtre, avec un code couleur, sans complexifier l’interface.
Le passage à une licence annuelle augmente le coût sur plusieurs années par rapport à l’ancienne licence définitive. Le logiciel ne corrige pas l’orthographe et la grammaire de façon autonome. En effet, les correcteurs récents s’appuient de plus en plus sur l’intelligence artificielle. Le distributeur assume ce choix à l’opposé de la tendance. Il y voit une garantie de ne pas se substituer à l’élève. Cependant, il impose un travail de relecture. La dictée dépend désormais des outils de Microsoft, avec ce que cela suppose de configuration et de compatibilité avec Windows 11 pour la version hors ligne. Enfin, le fonctionnement dans Google Docs et sur Mac demande des réglages particuliers.
En complément, un correcteur orthographique et grammatical performant (Antidote, ou une solution gratuite comme Grammalecte ou LanguageTool) reste conseillé. Parmi les solutions de prédiction alternatives, on peut citer Read&Write de Texthelp et d’autres logiciels de prédiction pour les troubles dys, comme Lexibar ou Phonowriter.
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| Autrice | Tania MALAQUIN |
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